«La réalité c'est que tout bilan est impossible à faire.» Plus d'une semaine après le passage de la tempête tropicale Jeanne sur le nord d'Haïti, Kettly Julien, responsable d'une organisation humanitaire locale qui travaille sur Les Gonaïves, dresse un tableau désespéré de la situation dans la troisième ville du pays, la plus touchée, de loin, par les inondations. «Dans bien des zones un peu éloignées du centre, où les secours ont du mal à parvenir, il y a des gens qui vivent encore dans les arbres... Les cadavres s'accumulent encore en dehors des bilans officiels, les maisons ne sont plus que des débris, il n'y a pas d'eau potable, les cadavres d'animaux flottent, les enfants commencent à avoir des diarrhées, on craint des débuts d'épidémies, le choléra, la malaria...»
Dégâts des pluies. Le dernier bilan officiel de la protection civile haïtienne faisait état hier de 1 330 morts, 1 056 disparus, 3 000 blessés et 300 000 sans-abri. «Je ne pense pas qu'il y ait encore l'espoir de retrouver vivant les disparus», a précisé à l'agence de presse Haiti Press Network le porte-parole de la protection civile, Dieufort Delorge. Le maire des Gonaïves, Calixte Valentin, a confirmé sur des radios haïtiennes que tout bilan semblait impossible à établir : «Nous avons comptabilisé des données qui dépassent les chiffres de la protection civile. Nous découvrons des corps au fil des heures dans les décombres de maisons détruites, sous les amas de boue et sur le littoral où des cadavres sont rej




