Frontière tchado-soudanaise
envoyée spéciale
A 400 mètres, un oued matérialise la frontière entre le Tchad et le Soudan. Dans ce village non loin d'Adré, côté tchadien, des dizaines de cases ont poussé ces six derniers mois à cause de l'afflux de réfugiés venus du Darfour voisin. Des familles entières qui ne souhaitaient pas rejoindre les camps du Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), dans l'espoir de retourner plus vite dans leur pays. Il y a désormais 180 000 Soudanais officiellement réfugiés au Tchad.
Hassan a parcouru à pied 40 km avec sa femme et ses quatre enfants. Un matin d'avril, des avions de l'armée soudanaise ont bombardé son village. Depuis, il aide des cousins à cultiver leur champ. Mais il craint l'arrivée de la soudure en décembre-janvier, lorsque plus personne n'aura à manger. Déjà, de nombreuses familles commencent à souffrir de la faim. Surtout, il ne se sent toujours pas en sécurité. «Je ne peux pas aller puiser de l'eau dans le lac pendant la journée, sinon les Jenjawid me tirent dessus depuis l'autre rive.»
Convoitises. Sur plus de 100 km, tous les éleveurs tchadiens comme les réfugiés soudanais se sont fait voler leur bétail par ces milices progouvernementales soudanaises. «Il ne nous reste plus que des ânes et des chiens ! Nous ne pouvons plus vendre de beurre ni de lait sur le marché», souligne un chef de village. Le HCR a renoncé à distribuer des vivres, de crainte d'attirer des convoitises.
Il règne une situation d'insécurité «relative», selon




