Montréal de notre correspondante
Le premier intercepteur de missiles intercontinentaux est en place en Alaska depuis le 22 juillet dernier. D'ici un mois ou deux, les Etats-Unis auront complété la première phase de déploiement de leur programme de défense antimissiles balistiques. Après avoir entretenu le doute durant des mois quant à sa participation au projet, le gouvernement canadien de Paul Martin ne pourra maintenant plus attendre bien longtemps avant de faire part de sa décision à Washington. Pour l'instant, officiellement, Ottawa poursuit sa réflexion et ses discussions avec l'administration américaine pour, explique-t-on, pouvoir prendre le moment venu une décision conforme aux «intérêts et valeurs» du Canada.
Impatience. Si, comme le répète le ministère des Affaires étrangères, les Etats-Unis n'ont émis «aucune demande spécifique» quant à la nature d'une éventuelle collaboration, l'administration Bush montre des signes d'impatience devant les tergiversations canadiennes. En juin déjà, l'ambassadeur américain à Ottawa indiquait que «le temps presse». Et qu'il espérait une «décision favorable». Car, comme l'explique Stéphane Roussel, professeur de sciences politiques à l'université du Québec à Montréal, si «les Etats-Unis n'ont techniquement pas besoin du territoire canadien ni d'une aide financière d'Ottawa, qui serait une goutte d'eau dans le budget américain», en revanche, le soutien politique du Canada leur serait précieux pour cautionner un projet largement controv




