Menu
Libération

Ralph Nader, éternel troisième homme.

Réservé aux abonnés

Crédité de 1 à 2 % dans les sondages, sa candidature risque de coûter plusieurs Etats à Kerry.

Publié le 20/10/2004 à 2h39

Washington de notre correspondant

Dans une petite salle grise et sans fenêtre, la presse attend Ralph Nader, le «troisième candidat». Il règne un silence de mort. Sa petite équipe ressemble un peu à la famille Addams. Des gens pâles, habillés en noir, l'air sombre. Tout à coup, un quinquagénaire portant des lunettes rondes et un catogan brandit pour les photographes un panneau abscons : «700 vs 50 000, 111 700 vs 10 697 198». Qu'est-ce ? Le résultat du loto ? Une énigme façon Da Vinci Code ? Patience.

Une porte s'ouvre, Nader apparaît. S'il ne remplit plus des stades comme en 2000, pour le reste, il n'a pas changé d'un iota depuis quatre ans. Même visage impassible, à mi-chemin entre Jean-Louis Trintignant et Droopy. Un oeil un peu plus ouvert que l'autre. Et le mot «corporation» ­ on dirait, en France, «multinationale» ­ dans toutes ses phrases. Il dénonce d'entrée de jeu «le gros mensonge» des démocrates pour discréditer sa candidature. Ralph Nader, répètent ceux-ci, est poussé par l'écurie Bush, qui le finance et l'aide. «La campagne des démocrates a reçu 100 fois plus d'argent républicain que la nôtre», rétorque Nader, donnant du même coup la clef de l'énigme du panneau : les chiffres officiels montrent que si 700 républicains ont donné 111 700 dollars au «troisième» candidat, ils sont 50 000 à avoir envoyé des chèques à John Kerry, pour un montant total de 10,7 millions... Nader enrage contre les démocrates qui le calomnient ou essaient de l'empêcher de se présenter dans

Dans la même rubrique