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«Epervier» passe du militaire à l'humanitaire au Tchad

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Dans le pays depuis 1986, les soldats français assurent la sécurité de la zone où affluent les réfugiés du Darfour.

Publié le 21/10/2004 à 2h40

Est du Tchad envoyée spéciale

Le convoi de dix véhicules militaires s'arrête à proximité d'un village de la région semi-désertique de Biltine (est du Tchad), à la frontière avec le Darfour. L'imposant dispositif ne passe pas inaperçu. Une dizaine de villageois qui prenaient le thé tournent la tête. «Bonjour. Lieutenant Berger, du détachement français d'Abéché. Je viens voir s'il y a des problèmes au niveau de l'agriculture, de la population, s'il y a des réfugiés.» Le chef de canton secoue la tête. Pas de réfugiés ici. En revanche, le manque de pluie et la mauvaise récolte sont bien réels.

Pont aérien. Pour les militaires français de l'opération «Epervier» (un millier d'hommes basés au Tchad depuis 1986), accompagnés de trois soldats tchadiens chargés de la traduction en arabe, cette prise de contact avec les autorités locales lors de «tournées de reconnaissance» n'a rien d'exceptionnel. Début août, Jacques Chirac a mobilisé les troupes positionnées au Tchad pour surveiller la frontière et assurer la sécurité dans la zone où ont essaimé les camps de réfugiés du Soudan depuis le printemps 2003. Jusqu'à début septembre, ils ont acheminé par voie aérienne, chaque jour pour près de 200 000 personnes, 24 tonnes de vivres, distribuées par les organisations humanitaires. Ce pont aérien aurait fait gagner «trois semaines aux ONG», souligne l'armée. Cette mobilisation des moyens militaires français a été déclenchée au moment où l'attitude de Paris dans la crise du Darfour faisait l'obj

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