Washington de notre correspondant
Fernando Laguarda, avocat et père de quatre enfants, arbore sur le pare-chocs de son minivan un autocollant qu'il a commandé sur l'Internet : «Catholics for Kerry». «Je suis en colère contre les gens qui, parlant au nom de l'Eglise, suggèrent de voter George Bush. J'ai voulu exprimer le fait qu'on pouvait, en tant que catholique pratiquant, soutenir John Kerry.»
La campagne 2004 a créé une déchirure sérieuse au sein de l'Eglise. A priori, les catholiques devraient pourtant être heureux de voir l'un des leurs dans la course à la Maison Blanche : John Kerry est le premier candidat catholique depuis Kennedy, en 1960. Mais quelques évêques, rangés derrière l'archevêque du Colorado, Charles Chaput, ont semé le trouble en déclarant qu'un bon catholique ne pouvait pas voter pour un candidat favorable au droit à l'avortement. Ou alors qu'il devait se confesser en sortant des urnes, avant de pouvoir communier.
Débat interne. Ces prises de position ont blessé nombre de catholiques, qui y voient une atteinte à leur liberté de conscience. «Que font-ils de la peine de mort ? De l'environnement ? De l'unilatéralisme et l'agression d'autres pays ? De la justice sociale ? De la pauvreté ?», s'agace ainsi Fernando Laguarda. Mouvementé, le débat interne donne le tournis aux sondeurs. Selon John Zogby, John Kerry était initialement largement en tête dans l'électorat catholique, puis George W. Bush l'a dépassé, puis Kerry a repris la tête...
Les catholiques (un qua




