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Libération

Un pavé britannique dans la mare irakienne

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100 000 Irakiens seraient morts depuis le début de la guerre, en mars 2003, selon la revue «The Lancet».

Publié le 30/10/2004 à 2h47

Le gouvernement britannique prend très au sérieux l'étude publiée dans la revue médicale The Lancet selon laquelle 100 000 civils irakiens seraient morts depuis le début de la guerre, en mars 2003. «C'est effectivement une estimation très élevée», a déclaré à la BBC Jack Straw, le chef de la diplomatie, soulignant la «grande différence» avec le nombre jusqu'ici estimé de 15 000 victimes civiles. «Mais comme [ce chiffre] est dans The Lancet, c'est bien sûr quelque chose que nous devons examiner très sérieusement», a-t-il ajouté. Il faut dire que Richard Horton, rédacteur en chef du prestigieux Lancet, a tout fait pour que ce premier travail scientifique sur les conséquences de la guerre en Irak sur les civils fasse l'effet d'une bombe.

Conduite mi-septembre par des médecins irakiens et américains, l'étude a pu être publiée dès jeudi sur son site Internet avec une semaine d'avance sur sa parution dans la revue papier, soit quelques précieux jours avant l'élection américaine. Et Horton a accompagné l'article d'un éditorial au vitriol. «L'impérialisme démocratique a conduit à plus de morts, pas à moins», accuse ainsi le rédacteur en chef. Qui enfonce le clou : «Cet échec politique et militaire continue à causer de très nombreuses victimes parmi les non-combattants.»

L'étude elle-même, sous la houlette d'une équipe de l'université Johns-Hopkins-Bloomberg de Baltimore, reste scientifique. Les médecins ont sélectionné près de 1 000 foyers répartis dans 33 localités irakiennes. Puis i

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