Elle a 27 ans, elle est mariée depuis douze ans mais dit ne pas savoir l'âge de l'homme avec qui elle a déjà eu quatre enfants. Assise juste devant lui dans le box des accusés, visage fermé, la jeune Malienne semble à peine comprendre les questions du président du tribunal, et répond par monosyllabes. Lundi et mardi, Maimouna YY(1) et son époux Ousmane, 57 ans, étaient jugés par la cour d'assises de Paris pour avoir fait exciser leur fillette XX au Mali. Pour cette complicité de mutilation sur mineure de moins de 15 ans, ils risquent jusqu'à dix ans de prison, et 150 000 euros d'amende. Mais les peines prononcées lors de ces procès pour excision (une poignée chaque année en France) sont généralement beaucoup plus légères : cinq ans ou moins, le plus souvent avec sursis. Cinq ans, en partie avec sursis, ont d'ailleurs été requis.
Ignorance. C'est lors d'un examen systématique, dans un service de PMI (protection maternelle et infantile), que la mutilation est découverte, déclenchant signalement et enquête de police. On est en novembre 1998 et XX, 2 ans, rentre d'un séjour de plusieurs mois au Mali avec ses parents. Le couple s'accorde sur un point : l'excision a été pratiquée à leur insu, alors qu'ils s'étaient absentés pour une semaine à Bamako, confiant XX à sa grand-mère paternelle. Ensuite, l'aïeule est décédée et l'exciseuse n'a pas été identifiée. L'expertise confirmera que l'enfant a subi une ablation totale du clitoris et des petites lèvres. A l'audienc




