Menu
Libération

Les Roumains consomment au noir en attendant l'Europe

Réservé aux abonnés

L'économie grise et l'argent de la diaspora alimentent la soif consumériste.

Publié le 30/11/2004 à 3h14

Bucarest de notre correspondant

Le week-end comme en semaine, des milliers de Roumains prennent d'assaut les centres commerciaux qui poussent comme des champignons dans la capitale. Le plus pauvre des 27 pays qui composeront bientôt l'Union européenne n'a pas attendu son adhésion en 2007 pour se lancer dans la frénésie de la consommation. «En fait, les Roumains, surtout dans les grandes villes, vivent beaucoup mieux que ne le montrent les statistiques officielles grâce à l'économie informelle et à l'argent envoyé par les Roumains de l'étranger», explique Constantin Rudnitchi, directeur du magazine économique Bilant.

Temple du shopping. En ce samedi de novembre, le Plaza Romania est plein à craquer. Bâtie par Ceausescu, qui voulait en faire une immense cantine où les Bucarestois seraient venus prendre tous leurs repas, cette rotonde de plus de 100 000 m2, surnommée «cirque de la faim» sous la dictature, a été transformée en temple ultramoderne du shopping. Le long des allées d'un blanc immaculé, les enseignes «tendance» sont légion : Geox, Celio, Mexx et Polo, en attendant un Zara de 2 000 m2. Le panier moyen est d'environ 40 euros, la moitié de ce qu'il est en France, mais une fortune par rapport au salaire moyen de 150 euros.

Mihnea, âgé de 30 ans, dirige une petite entreprise de bâtiment. Pour échapper à la fiscalité élevée, il préfère payer ses employés au salaire minimum (80 euros) «quitte à leur donner le triple par la suite au noir». Un cercle vicieux généralisé qui a con

Dans la même rubrique