Toronto envoyée spéciale
Il est citoyen américain. Soldat. Et, depuis son refus l'hiver dernier de servir sous les drapeaux en Irak, déserteur. Réfugié à Toronto avec sa femme et leur fils de 2 ans et demi, Jeremy Hinzman est passé hier devant la Commission de l'immigration et de statut de réfugié du Canada, qui va étudier sa demande d'asile politique. «Je ne voulais pas être complice d'une guerre illégale et immorale», justifie Hinzman, 25 ans, qui a abandonné en janvier la 82e division aéroportée de Caroline-du-Nord pour fuir en Ontario.
Sympathie. Réfugié dans un pays qui s'est opposé à la guerre en Irak, il reconnaît bénéficier d'un courant de sympathie populaire et aime à rappeler qu'à la fin des années 60, des dizaines de milliers de jeunes Américains refusant d'aller se battre au Vietnam avaient comme lui traversé la frontière. Mais, à l'époque, les draft dodgers fuyaient la conscription. Le soldat Hinzman, lui, s'est enrôlé.
«Je voulais aller à l'université (1) et j'avais besoin de structurer ma vie», explique le jeune homme originaire du Dakota, qui a signé en janvier 2001 un contrat militaire de quatre ans. «L'armée me semblait être la meilleure solution. J'étais naïf...» Au fur et à mesure des entraînements, Hinzman, choqué par l'endoctrinement qu'il subit, commence à douter de sa capacité à tuer. En août 2002, il dépose une demande d'objecteur de conscience, deux mois avant d'être envoyé en Afghanistan comme aide-cuisinier puis, ironiquement, armurier. Sa demande es




