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Barghouti fait monter les enchères

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La candidature du leader palestinien emprisonné en Israël vise à réformer le Fatah.

Publié le 08/12/2004 à 3h22

Il vit dans une cellule de 1,40 m sur 1,80 m, n'a aucun contact avec les autres détenus, pas même pendant sa courte promenade qu'il effectue menotté et boulet aux pieds, et ne reçoit pratiquement pas de visite. Marwan Barghouti, le plus célèbre prisonnier d'Israël, a beau être coupé du monde, il se retrouve depuis une semaine au coeur du jeu politique palestinien.

A la surprise générale, le chef du Fatah pour la Cisjordanie a décidé, le 1er décembre, de se présenter à l'élection présidentielle. Il avait pourtant apporté quelques jours plus tôt son soutien à Mahmoud Abbas, le candidat officiel de son parti. Son revirement a bouleversé un scrutin au résultat jusque-là acquis d'avance. A un mois de l'échéance, les sondages donnent les deux dirigeants au coude à coude.

Selon une étude publiée lundi par le Centre palestinien de recherche politique (PSR) et effectuée entre le 1er et le 5 décembre, l'homme qui a succédé à Yasser Arafat à la tête de l'OLP recueillerait 40 % des intentions de vote, contre 38 % à son rival. Une autre enquête réalisée par l'université de Bir Zeit crédite ce dernier de 46 % des suffrages, contre 44 % à Mahmoud Abbas.

A l'inverse des vieux caciques de l'OLP revenus d'exil, Marwan Barghouti incarne, à 45 ans, la jeune garde du Fatah issue de l'intérieur. Emprisonné pendant six ans par l'Etat hébreu, puis expulsé en 1987, il a retrouvé les siens en 1994 à la faveur de l'autonomie. Cet ancien étudiant de Bir Zeit, titulaire d'une maîtrise en sciences politique

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