Stockholm de notre correspondant
Pele et Fadime, deux jeunes Suédoises d'origine kurde tuées par des membres de leur famille, l'une en Suède en 2002, l'autre en Irak en 1999. Crimes d'honneur, dit-on. Elles voulaient s'émanciper de leur famille. Peu de faits divers ont autant mobilisé l'opinion suédoise. Ce n'est donc pas un hasard si la Suède a accueilli cette semaine une conférence internationale sur les crimes d'honneur. «L'Europe commence à s'intéresser à ce phénomène depuis que l'on a constaté les premiers cas dans l'immigration», explique Rana Husseini, journaliste et activiste jordanienne. «Dans les quelques cas constatés en Europe ces dernières années, les tribunaux ont souvent fait preuve d'une relative indulgence, car on a voulu y voir des crimes résultant de problèmes familiaux, et donc assortis de circonstances atténuantes», dit Jacqueline Thibault, responsable de l'association suisse Surgir, qui offre une protection en Europe à une cinquantaine de femmes menacées de mort en Jordanie, Palestine, Afghanistan et Pakistan. Des pays qui, avec la Syrie et la Turquie, sont les plus problématiques. Selon l'ONU, quelque 5 000 crimes d'honneur seraient perpétrés chaque année dans le monde. Un chiffre sous-estimé, de l'avis de tous, notamment parce que nombre de suicides ou d'«accidents» peuvent être imputés aux crimes d'honneur. «Les Européens ont été prudents jusqu'à présent, par crainte de s'immiscer dans la culture des autres», estime Gerd Johnsson-Latham, spécialiste d




