Londres de notre correspondante
Un général britannique à la retraite, trois anciens diplomates, d'éminents professeurs de santé publique, deux évêques... Ils sont 46 à avoir signé une lettre ouverte, adressée hier à Tony Blair pour lui réclamer la création d'une commission d'enquête indépendante chargée d'évaluer le nombre de morts au sein des populations civiles irakiennes depuis l'entrée en guerre, en mars 2003. Cette lettre et la qualité de ses signataires est un nouveau pépin pour Tony Blair : après les demi-mensonges sur les armes de destruction massive, le voici confronté aux fausses vérités sur les souffrances de la population irakienne. Cette lettre est le démarrage d'une campagne organisée avec toute l'efficacité anglo-saxonne. Les Britanniques sont invités à envoyer un fax à leur député ou à adresser un mail à Jack Straw, le ministre des Affaires étrangères : un site Internet (1) permettra de suivre cette campagne .
Dégâts humains. Voici un peu plus d'un mois, The Lancet, revue scientifique internationalement respectée, se lançait dans une estimation des dégâts humains de la guerre, avec un chiffre choc : 100 000 morts. Ses enquêteurs ont effectué une comparaison de la mortalité avant-guerre et depuis mars 2003, en procédant à des interviews dans des foyers irakiens. Puis ils ont procédé à une extrapolation. Il ne s'agissait pas seulement d'évaluer les victimes des forces de la coalition, ou des «rebelles», mais de prendre en compte aussi les accidents cardiaques




