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Libération

Un tsar pour les espions américains

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Toutes les agences de renseignements seront désormais chapeautées par un seul directeur, mais aux pouvoirs limités.

Publié le 09/12/2004 à 3h23

Washington de notre correspondant

La longue guérilla parlementaire menée par quelques ténors républicains contre le projet de réforme des services de renseignements américains a porté ses fruits. Le texte a été affadi, au point que certains observateurs se demandaient, hier, s'il s'agissait encore d'une réforme. Il a été adopté haut la main, mardi (336 voix contre 15) par la Chambre des représentants, et entériné, hier soir, à la quasi-unanimité par le Sénat. Le président George W. Bush, qui le signera, s'est déclaré «très content» du compromis trouvé.

Absence de coopération. Le texte a pour ambition de remédier aux dysfonctionnements constatés dans la «communauté» du renseignement américain avant les attentats du 11 septembre 2001, et notamment à l'absence de coopération entre les différentes agences, CIA, FBI, DIA, NSA, etc. Comme le recommandait la commission indépendante d'enquête sur les attentats du 11 septembre, toutes les agences ­ et elles sont une quinzaine ­ seront supervisées par un seul et même directeur, surnommé le «tsar du renseignement». Mais, au cours des débats à la Chambre, de nombreuses voix se sont élevées contre cette nouvelle fonction, au nom du bon fonctionnement du département de la Défense. Pour trouver un compromis, les pouvoirs du «tsar» ont donc été rognés, avec les encouragements de la Maison Blanche.

Le nouveau directeur du renseignement aura peu de prise sur les services du département de la Défense (soit 80 % des budgets du renseignement améric

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