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Libération

Reprise en mains idéologique en Chine

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Des intellectuels sont arrêtés et menacés, le contrôle des médias renforcé.

Publié le 17/12/2004 à 3h32

Pékin de notre correspondant

C'est la première vague de rigueur idéologique de l'ère Hu Jintao. Numéro un chinois depuis deux ans, Hu n'a les mains réellement libres que depuis le départ définitif de son prédécesseur, Jiang Zemin, à la retraite en septembre : trois mois plus tard, les intellectuels chinois sentent monter un mauvais vent glacial venu de Zhongnanhai, le siège du parti communiste (PCC) à Pékin. Une déception pour ceux qui, en Chine, espéraient que la consolidation du pouvoir autour de la nouvelle génération de dirigeants conduirait à une plus grande ouverture.

Ecrits critiques. Yu Jie, intellectuel libéral volontiers polémique, Liu Xiaobo, acteur du Printemps de Pékin de 1989, emprisonné durant plusieurs années, et Zhang Zuhua, ancien cadre du parti en rupture idéologique, ont fait cette semaine les frais de ce qui apparaît comme une reprise en mains. Les trois hommes, auteurs prolifiques sur l'Internet et à l'étranger d'écrits très critiques à l'égard du pouvoir, et fondateurs d'une section chinoise du Pen Club qui défend la liberté d'expression des écrivains, ont été interpellés à leur domicile. Ils ont été interrogés pendant plusieurs heures, et mis en garde sur l'hostilité de leurs articles envers le PCC.

Cet incident est loin d'être isolé. Ainsi le pouvoir a-t-il violemment réagi à la publication, dans un magazine du sud du pays, d'un «top 50» des «intellectuels publics», personnalités en vue dont certaines ne sont pas en odeur de sainteté au sein du parti. O

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