Menu
Libération

A Sumatra, un cimetière de 250 km

Réservé aux abonnés

La ville de Lhok Nga, 40 000 personnes, a été rasée par le tsunami. Il n'y a aucun survivant.

Publié le 10/01/2005 à 23h31

Banda Aceh envoyé spécial

«Regardez là-bas ! Le tsunami a renversé le cargo. Regardez la marque qu'il a laissée sur les falaises», montre du doigt Sadu, pantalon troué, en tongs dans le sable blanc de Lhok Nga, ex-ville de bord de mer devenue le cimetière des âmes. L'ancienne ville de pêcheurs, cerclée de hauts plateaux, à l'extrémité nord-ouest de Sumatra, a été rasée par le tsunami. Au lendemain de la catastrophe, le 27 décembre, pas un corps n'a été retrouvé ici. Aucun survivant. Seulement des restes d'arbres déracinés, des murs de briques cassés. Lhok Nga est avec Meulaboh, au sud-ouest, le «Ground Zero» du tsunami. C'est ici qu'avant d'atteindre la Thaïlande, le Sri Lanka, l'Inde ou les Maldives, l'énorme et longue vague, haute à cet endroit de vingt mètres ­ comme en témoigne la marque sur les falaises ­, et dure comme du béton, s'est abattue sur la ville à plus de 600 km/h. Une pendule cassée à demi enfouie indique 8 h 53.

Silence mortifère. A l'inverse de Banda Aceh, à 17 kilomètres au sud, jonchée de millions de mètres cubes de décombres, Lhok Nga, où vivait une population estimée à 40 000 personnes, n'est plus. Quand le tsunami a déboulé ici, l'impact a été si violent, le choc si lourd que la petite ville a été littéralement aplatie. Une violence dont témoignent les restes de milliers d'arbres brisés, déracinés, et l'immense tapis de feuilles de cocotiers. Très peu de ruines. Seuls de rares murs cassés, blancs ou de briques ocre rouge. Des latrines aussi, à découvert

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique