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Libération

Mahmoud Abbas, président sur un fil étroit

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Il devra tout à la fois satisfaire les attentes de ses électeurs, du Hamas et d'Israël.

Publié le 11/01/2005 à 23h32

Jérusalem envoyés spéciaux

Le plus dur reste à faire. Mahmoud Abbas, élu comme prévu dimanche à la présidence de l'Autorité palestinienne, par 62,3 % des voix, dispose d'une légitimité incontestable pour mener à bien son programme, qui vise avant tout à revenir au processus de paix avec Israël. Après plus de quatre ans d'un soulèvement meurtrier, la société palestinienne place tous ses espoirs dans cet homme qui plaide pour une «démilitarisation» de l'Intifada et dont la modération lui vaut le soutien de la communauté internationale. «Israël veut Abou Mazen (le nom de guerre de Mahmoud Abbas, ndlr), nous lui avons donné Abou Mazen», commentait hier Raëd, un Palestinien de Jérusalem. Malgré l'ampleur de sa victoire, le successeur de Yasser Arafat sait à quel point sa marge de manoeuvre est étroite.

Gestes concrets. D'une part, ses électeurs attendent une rapide amélioration de leurs conditions de vie, des gestes concrets comme la levée des dizaines de barrages qui empoisonnent leur vie quotidienne, l'arrêt des incursions de l'armée israélienne et la libération de quelque 10 000 prisonniers. De l'autre, le gouvernement israélien lui demande sans plus attendre de mettre au pas les groupes armés palestiniens. Ariel Sharon a déclaré, hier matin, qu'il jugerait Mahmoud Abbas sur «la façon dont il combattra le terrorisme et démantèlera ses infrastructures». Or ce dernier s'était violemment opposé au Hamas pendant sa campagne électorale sur ce point. Tout en prévenant Israël qu'il ne

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