L’avocat Guy Womack, spécialiste des procès en cour martiale, est un ancien marine de 51 ans, avec une coupe en brosse et un costume cintré. Lieutenant-colonel à la retraite, il aime la plongée sous-marine et donne des cours sur les armes à feu à la National Rifle Association. «M. Womack a l’expérience nécessaire pour vous représenter de la manière la plus efficace», dit le prospectus de son cabinet, à Houston.
Selon lui, «la manière la plus efficace» de défendre son client Charles Graner, l'un des principaux accusés du scandale d'Abou Ghraib, est de nier la torture. Prenez par exemple ces «pyramides» de prisonniers irakiens nus et cagoulés, rendues célèbres par les photos diffusées dans la presse, en avril. «Est-ce que les pom-pom girls, d'un bout à l'autre de l'Amérique, ne forment pas elles aussi des pyramides six ou huit fois par an ? Est-ce que cela relève aussi de la torture ?» a interrogé maître Womack lors du procès de Charles Graner, qui s'est ouvert vendredi à Fort Hood, au Texas.
Icône lugubre. Graner, réserviste de 36 ans, était le chef d’orchestre des sadiques du bloc Alpha One, où se trouvaient les prisonniers susceptibles de détenir des informations utiles. Dans le civil, il était gardien dans le pénitencier d’Uniontown, en Pennsylvanie. Il était aussi, en Irak, l’amant de la première classe Lynndie England, icône lugubre du scandale, qu’on voit, sur une photo, tenir un prisonnier nu en laisse, et sur une autre, désigner le sexe d’un détenu, sourire et cl




