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Libération

Un bémol dans le discours de Bush

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«Eliminer les tyrans» ne signifie pas un changement de politique.

Publié le 24/01/2005 à 23h59

Dans son discours d'investiture, jeudi, Bush est-il allé trop loin ? Depuis trois jours, la Maison Blanche doit répéter que, non, juré, ce discours promettant «l'élimination des tyrannies» n'est pas un tournant dans la politique étrangère américaine. Le père de Bush lui-même, samedi, a cru bon de faire l'exégèse des propos de son fils : «Cela ne signifie pas des changements instantanés dans chaque pays... ce n'est pas ce qu'il a voulu dire...»

L'embarras, à la Maison Blanche est visible. De nombreux commentateurs, après ce discours, ont en effet cru déceler l'apparition d'une «nouvelle doctrine». Le président n'a-t-il pas annoncé qu'il comptait attiser le «feu de la liberté» en vue d'éclairer «les coins les plus obscurs du monde» ? N'a-t-il pas promis son soutien aux mouvements dissidents de tous les régimes autoritaires ? Ou encore de «clarifier en permanence», pour chaque dirigeant, le choix entre «l'oppression, qui est toujours mauvaise, et la liberté, qui est éternellement juste» ? Dès jeudi, des questions gênantes ont commencé à être posées. Comment appliquer cette doctrine, non pas à la Corée du Nord ou au Zimbabwe, mais aux alliés et partenaires des Etats-Unis ? A l'Arabie Saoudite ? Au Pakistan ? A l'Egypte ? A la Russie ? A la Chine ? Quid de la liberté des Palestiniens ?

Assaillie d'objections, la Maison Blanche a préféré rétropédaler et expliquer que ce discours n'était pas un changement de stratégie, mais une «clarification» des objectifs, l'exposé d'une vision «à

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