Londres de notre correspondante
Semi-victoire et demi-concession ? Le gouvernement britannique a annoncé hier un remaniement de sa législation antiterroriste. Renforcée après le 11 septembre 2001, elle permet de détenir, sans procès, sans publicité et sur seule consigne discrétionnaire du ministère de l'Intérieur britannique, des étrangers soupçonnés de terrorisme ou d'appartenance à un réseau terroriste. Et ceci sans que les preuves soient discutées.
Actuellement, douze personnes sont détenues, parfois depuis plus de trois ans. Leurs avocats mènent un combat sans relâche pour faire constater l'illégalité de cette législation promue par l'ex-ministre de l'Intérieur, David Blunkett. Ils ont obtenu gain de cause le 16 décembre devant la plus haute instance judiciaire britannique, les Law Lords estimant que leur détention était illégale. Certains des juges avaient considéré que le maintien en détention de ces détenus, pour la plupart maghrébins, revenait à donner victoire au terrorisme : «La vraie menace pour la vie de cette nation vient non pas du terrorisme, mais de lois de ce type», avait jugé l'un d'entre d'eux. Un autre considérait qu'il s'agissait d'un dispositif rappelant l'époque stalinienne.
Le compromis trouvé par Charles Clarke, successeur de Blunkett, se rapproche des procédures françaises : un étranger soupçonné de terrorisme pourra être extradé vers un pays étranger sous réserve qu'il n'y soit pas torturé ou assigné à résidence. Cet arrêt domiciliaire pourrait co




