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Libération

«Coup d'Etat» monarchiste au Népal

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Le roi Gyanendra a démis le gouvernement et s'est emparé du pouvoir exécutif.

Publié le 02/02/2005 à 0h18

New Delhi de notre correspondant

Pour la deuxième fois en trois ans, le roi du Népal a décrété l¹état d¹urgence, hier, limogeant du même coup le gouvernement en place afin de s¹emparer lui-même du pouvoir exécutif. Affirmant agir «dans l¹intérêt du peuple, du pays et de la souveraineté», le roi Gyanendra a expliqué son geste en accusant le gouvernement de ne pas avoir réussi à organiser des élections législatives dans le petit royaume ravagé par une insurrection maoïste qui a déjà fait 11 000 morts.

Etat d¹urgence. Le Premier ministre démis, Sher Bahadur Deuba, a, lui, évoqué «une violation flagrante de la Constitution», tandis que d¹autres dirigeants politiques parlaient carrément d¹un «coup d¹Etat». Souvent accusé d¹outrepasser ses pouvoirs depuis son arrivée sur le trône, en 2001, le souverain a en effet annoncé qu¹il se nommait pour trois ans à la tête de l¹exécutif afin de «restaurer la paix et établir une véritable démocratie». L¹état d¹urgence, qui suspend les libertés fondamentales, est par ailleurs instauré pour une durée indéterminée.

Grande puissance de la région, l¹Inde a immédiatement fait part de sa «sérieuse inquiétude» face à ce nouveau rebondissement chez son voisin, estimant que c¹était un «revers à la cause de la démocratie au Népal». De fait, en l¹absence d¹un Parlement (dissous par le roi en 2002, ndlr), le palais royal concentre désormais officiellement tous les pouvoirs. Dès hier, de nombreux dirigeants politiques, dont les membres du gouvernement dissous

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