Hillel Frisch est politologue et chercheur au Centre Begin-Sadate d'études stratégiques à l'université Bar-Ilan de Tel-Aviv. Il est spécialisé dans la politique palestinienne et les mouvements islamistes.
Si trêve il y a, quelles sont ses chances de durer ?
Difficile à dire... Car Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, veut, par-dessus tout, disposer de temps. Il entend, dans un premier temps, concentrer du pouvoir, unifier ses forces avant d'avoir, éventuellement, à le partager. Même au sein de son parti, le Fatah.
Cela semble acquis, pourtant...
Non, car le Fatah voulait réunir son comité central avant les législatives de juillet. Là encore, Mahmoud Abbas a reculé la date au mois d'août. En fait, cette trêve a de bonnes chances de durer au moins jusqu'à l'été, jusqu'aux élections au Parlement palestinien.
Comment la société palestinienne acceptera-t-elle cette trêve ?
Elle veut cette houdna (trêve, en arabe). C'est la carte la plus forte d'Abbas, surtout à Gaza. Même à l'égard du Hamas et à l'égard d'Israël pour une reprise des négociations. Les prochaines élections de juillet montreront que la population veut ce cessez-le-feu, parce que la pression d'en bas est très forte.
Les Israéliens sont-ils tout aussi disposés à cette trêve ?
Bien sûr... Et cette accalmie va accentuer un glissement à gauche de l'opinion, la tendance à accepter plus de concessions, à travailler avec Mahmoud Abbas. Je n'ai aucun doute là-dessus, cela va bénéficier au gouvernement d'union, contre les «rebelles» du Likoud et contre les colons. Car cette accalmie n'est pas une simple procédure, c'est beaucoup plus global, elle a sa propre dynamique. Et je le dis, malgré le fait que je sois un ho




