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Libération

La Côte-d'Ivoire rattrape Chirac à Dakar

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Ses déclarations sur le régime de Gbagbo ont occulté les retrouvailles franco-sénégalaises.

Publié le 04/02/2005 à 0h22

Les «retrouvailles» entre la France et le Sénégal, qui se voulaient chaleureuses après une période de froid, ont été quelque peu occultées par la crise ivoirienne. A Dakar, où il avait été accueilli, mercredi, par une foule en liesse, Jacques Chirac n'a pu esquiver les questions sur le contentieux qui oppose Paris au régime du président Gbagbo. Lors d'une conférence de presse, le chef de l'Etat français a précisé : «Nous ne sommes pas en train de conquérir la Côte d'Ivoire.» Avant d'ajouter, à propos de la présence sur le sol ivoirien de 5 000 soldats français : «Nous n'avons pas l'intention de rester si nous ne sommes pas souhaités.»

Curieusement, les autorités d'Abidjan, qui ne cessent de dénoncer le comportement «barbare» et «néocolonialiste» de l'armée française, n'ont pas remis en question les accords de défense qui lient la Côte-d'Ivoire et la France depuis l'indépendance, en 1960. «Laurent Gbagbo sait qu'il a besoin des forces Licorne pour la mise en oeuvre du processus de désarmement prévu par les accords de Marcoussis, assure un haut responsable français. Il a également conscience qu'un retrait de nos forces pourrait signifier la reprise de la guerre totale dans son pays et faire fuir les opérateurs étrangers.» Enfin, il n'est pas exclu que le président ivoirien souhaite se ménager un levier dans la partie de poker menteur qui l'oppose à Paris. Jusqu'ici, il n'a jamais été question de demander la fermeture de la base militaire du 43e Bima (bataillon d'infanterie de m

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