Le Caire de notre correspondante
D'elle, on ne voit que les yeux derrière le niqab qui lui recouvre le visage et le corps. Samar Abou Chita vit dans le Sinaï. A l'automne dernier, des hommes en civil sont entrés au domicile de ses frères et les ont emmenés, ainsi que son mari. Quand elle les a revus, à la prison de Tora, ils lui ont raconté les coups, les chocs électriques. «Ils étaient torturés dans des pièces voisines pour que chacun entende les cris de l'autre. Ils refusaient de signer un document disant qu'ils appartenaient à un groupe terroriste», affirme-t-elle, indiquant que son bébé, âgé de quatre mois, a été blessé lors de la descente de police.
Selon Human Rights Watch (HRW), la famille de Samar n'est que l'un des multiples exemples de la campagne d'arrestations massive, lancée dans le Sinaï par les autorités égyptiennes, après l'attentat qui a fait au moins 34 morts, le 7 octobre à Taba, sur la frontière israélienne. HRW a enquêté avec deux ONG égyptiennes. Des familles entières auraient été appréhendées dans la région d'El-Arish (capitale du Nord-Sinaï) par la toute puissante Sécurité d'Etat, afin d'obliger les suspects à se livrer. Les trois organisations estiment que près de 2 500 personnes sont encore détenues, sans charges et sans que leurs familles aient connaissance de leur lieu de détention. L'annonce par le ministère de l'Intérieur, le 25 octobre, de l'identification des neuf terroristes présumés, n'a pas mis un coup d'arrêt aux rafles.
La vague d'arrestatio




