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Libération

Pékin menace Taiwan et rassure l'Occident

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Le Parlement chinois doit adopter une «loi antisécession» qui vise l'île nationaliste.

Publié le 07/03/2005 à 0h51

Pékin de notre correspondant

La session annuelle du Parlement donne l'occasion aux dirigeants du Parti communiste chinois de lancer des messages tous azimuts. Le président Hu Jintao, le Premier ministre Wen Jiabao et, hier, le ministre des Affaires étrangères Li Zhaoxing se sont réparti les rôles pour définir le cap politique d'une Chine en pleine ascension sur la scène internationale : rassurants vis-à-vis des Occidentaux ; menaçants, mais avec souplesse, à l'égard des «rebelles» taïwanais ; généreux pour les exclus du «miracle» économique chinois, tout en conservant le cap d'une croissance rapide (8 % en 2005).

En direction de Washington, le chef de la diplomatie a proclamé hier que la Chine n'avait ni l'intention ni, d'ailleurs, les moyens d'acheter beaucoup d'armes à l'Europe si celle-ci met fin à l'embargo qui frappe Pékin depuis le massacre de Tiananmen, en 1989. La Chine sait bien que les Etats-Unis font pression sur les Européens pour qu'ils n'aident pas à l'équipement d'une armée chinoise qui vient de voir son budget augmenter de 12,6 %. Les Etats-Unis, qui viennent de publier un rapport alarmiste sur la montée en puissance de l'armée chinoise, seront d'autant moins convaincus par cette déclaration que l'Assemblée nationale populaire (ANP) s'apprête à adopter, cette semaine, une «loi antisécession» visant Taiwan, protégée des Américains. Cette loi donnera une couverture légale à une éventuelle attaque contre l'île rebelle en cas de proclamation d'indépendance.

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