Jérusalem de notre correspondant
Une photo géante à l'entrée du nouveau musée de Yad Vachem (1) de Jérusalem. Elle a été prise au camp de Klouga, en Estonie, le 28 septembre 1944. 2 000 Juifs assassinés. Beaucoup ont été déportés du ghetto de Varsovie, les cadavres n'ont pas tous eu le temps de brûler avant l'arrivée de l'Armée rouge. En surimpression sur l'image du charnier, un mur transparent affiche des photos : équipes de foot, enfants avec leurs parents, classes d'écoles, hockeyeurs... Certaines sont en partie calcinées. «On a retrouvé ces photos sur les cadavres. Les photos personnelles des victimes. C'est l'esprit du nouveau musée.»
«Pas d'icônes». Avner Shalev, commissaire général du musée et président de Yad Vachem, définit ainsi son grand oeuvre : «Nous ne voulions pas d'icônes, mais des noms. Présenter un récit objectif, la vérité sans autre message.» «Tout homme possède un nom» est le leitmotiv de l'entreprise de mémoire de Yad Vachem. «Nous parvenons à la période où les témoins directs vont disparaître, explique Avner Shalev. Ce nouveau musée est destiné à la troisième, la quatrième génération. C'est une part de notre héritage, et non un chapitre en marge de l'Histoire, une part de notre culture, y compris avec ses aspects universels.» En un mot : «C'est l'Histoire racontée par les gens, et non par le commissaire du musée...»
Le bâtiment inauguré aujourd'hui remplace l'ancien musée, quatre fois plus petit, sombre, à la pédagogie poussiéreuse, non dénuée de pathos,




