Washington de notre correspondant
Le juge fédéral James Whittemore ne s'est pas laissé impressionner par la loi votée en urgence par le Congrès pour tenter de prolonger la vie de Terri Schiavo, cette femme plongée dans un état végétatif irréversible depuis quinze ans. Contrairement au souhait des parents de Terri, le magistrat de Tampa (Floride) n'a pas accepté, hier, d'ordonner que l'on réinstalle le cathéter d'alimentation, débranché vendredi à la suite d'une décision de la justice de Floride. Si le cathéter n'est pas rebranché, Terri mourra d'ici deux semaines, faute d'être alimentée et hydratée. Les parents, soutenus par les associations chrétiennes et le Vatican, dénoncent cette situation «barbare».
Selon le juge, les droits de Terri Schiavo ont été correctement protégés au cours de la bataille judiciaire menée devant les tribunaux de l'Etat. Et si la nouvelle loi autorise les parents à saisir la justice fédérale, leurs chances de succès sont trop faibles pour qu'il suspende le jugement précédent, a-t-il estimé. Les parents ont aussitôt fait appel.
Le débat ne porte désormais plus seulement sur l'acharnement thérapeutique, le droit à la vie ou à mourir dignement. L'enjeu est également le respect de la séparation des pouvoirs. Dans son jugement, Whittemore, un juge nommé par Clinton, mentionne «l'intérêt porté par le Congrès au sort de Terri Schiavo», mais explique qu'il n'a d'autre choix que d'appliquer le droit. L'American Civil Liberties Union a approuvé le juge «qui n'a




