New Delhi de notre correspondant
Planté au milieu d'un carrefour du vieux Delhi, un énorme taureau noir et blanc observe paisiblement la folle circulation qui l'entoure. Un spectacle commun, en Inde, où les vaches sont considérées comme sacrées par les hindous, et errent donc dans les villes en toute tranquillité. Discrètement, une douzaine d'hommes descendent de deux camions à bestiaux. «Attention, c'est un gros», lance l'un d'eux en s'approchant, armé d'une corde. Interpellée par la justice, la municipalité est en train de ratisser la ville pour en «expulser» les vaches errantes. L'affaire n'est pas simple : la capitale abrite environ 35 000 bovins, lesquels n'ont aucune envie de déménager, comme en témoigne la bataille que sont obligés de livrer les employés municipaux avant de parvenir à hisser le molosse récalcitrant à bord d'un des camions. «Les taureaux, c'est le plus difficile, mais au moins la foule ne s'en mêle pas, car ils n'appartiennent à personne», confie le chef d'équipe en désignant les badauds sur le trottoir.
Laiteries illégales. Souvent, la campagne visant à éradiquer ce que les journaux surnomment la «menace bovine» s'avère en effet plus problématique. «Une douzaine de mes hommes ont été grièvement blessés et plusieurs véhicules endommagés par les propriétaires des troupeaux», explique S.K. Yadav, le vétérinaire chargé de l'opération. Contrairement aux apparences, la plupart des vaches errantes ne sont pas abandonnées. Quelques-unes, les plus vieilles, sont




