Montréal de notre correspondante
Jeremy Hinzman, un déserteur américain réfugié depuis quatorze mois avec femme et enfant à Toronto, s'est vu refuser le statut de réfugié politique. Cette décision rendue jeudi par la Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR) du Canada était attendue avec autant d'intérêt à Washington qu'à Ottawa. Et, notaient vendredi les observateurs, elle a été accueillie avec le même soulagement par les autorités des deux côtés de la frontière.
Cour martiale. En décembre, ce militaire de 26 ans, qui a refusé de partir combattre en Irak pour ne pas se rendre «complice d'une guerre illégale et immorale», avait cherché à convaincre la CISR qu'il avait agi par conviction morale et non par lâcheté et qu'il risquait d'être persécuté pour ses opinions politiques s'il était renvoyé aux Etats-Unis en plus de risquer la cour martiale et cinq ans de prison. En vain. Après trois mois de réflexion, la CISR a jugé que l'ancien parachutiste, sa femme et leur petit garçon de 3 ans n'étaient ni «des réfugiés au sens de la convention, ni des personnes à protéger», et a refusé leur demande d'asile. Elle a estimé que la peine qui pourrait être infligée au déserteur sur le sol américain ne serait pas «excessive ni disproportionnellement sévère» et que la crainte d'une persécution cruelle n'était pas une «possibilité sérieuse» dans un «pays démocratique» comme les Etats-Unis, où le «processus judiciaire civil et militaire [est] juste et impartial».
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