Taipei envoyé spécial
Pour l'agence Chine nouvelle, la voix officielle de Pékin, l'événement est à classer dans la rubrique des bouchons du week-end et aurait suscité la colère des automobilistes taïwanais... Dans la réalité, des centaines de milliers de personnes ont manifesté samedi après-midi dans la bonne humeur et la dérision dans les rues de Taipei, contre la «loi antisécession» adoptée au début du mois en Chine continentale, qui menace l'île «rebelle» de guerre en cas d'indépendance.
Les organisateurs et la presse locale estiment qu'il s'agit de l'une des plus grandes manifestations jamais organisées à Taiwan, une mobilisation de masse contre une loi considérée par 90 % des Taïwanais, selon un sondage, comme inacceptable. La capitale taïwanaise tout entière avait été réquisitionnée pour l'occasion : dix cortèges le même nombre que les articles de la loi chinoise sont partis de chaque coin de Taipei, pour converger vers le palais présidentiel dont l'occupant, Chen Shui-bian, avait lui-même rejoint les rangs des manifestants, avec ses enfants et petits-enfants...
Anschluss. Signe du pluralisme de la société taïwanaise, chaque cortège avait sa caractéristique, régionale pour les nombreux manifestants venus de province, politique ou sociale. Ainsi, les féministes, les mouvements sociaux, les indépendantistes de l'ancien président Lee Teng-hui ou les partisans du Parti démocratique populaire (DPP), au pouvoir, avaient chacun leur cortège. Face au palais, l'immense rassemb




