Beyrouth correspondance
Pour la seconde fois en un mois, le Premier ministre libanais Omar Karamé a annoncé hier qu'il jetait l'éponge faute d'avoir pu convaincre l'opposition antisyrienne de se rallier à un gouvernement d'unité nationale. Mais, s'il a informé de sa décision le président Emile Lahoud, autre ami de Damas, il ne lui a pas pour autant remis sa démission, déclarant qu'il entendait d'abord consulter ses alliés du bloc «loyaliste», qui pourraient insister pour qu'il reste à la tête du gouvernement. «Les prosyriens viennent de repousser la démission d'Omar Karamé. Ils cherchent une nouvelle fois à gagner du temps», s'exclame excédé l'opposant Gibran Tueni, directeur du quotidien Al-Nahar. Chaque jour compte en effet. La loi électorale n'a toujours pas été adoptée alors que les élections législatives sont prévues en mai. Si un gouvernement n'est pas nommé rapidement, elles pourraient être reportées de six mois et le mandat de l'actuel Parlement, dans sa grande majorité allié au régime de Damas, prolongé d'autant.
Irréaliste. L'opposition soupçonne depuis des jours les proches du président syrien Bachar al-Assad de jouer la montre. Quand, le 10 mars, Omar Karamé est désigné Premier ministre par 71 députés proches du pouvoir, il pose déjà une condition jugée irréaliste par l'ensemble des analystes : que toutes les tendances politiques soient représentées dans son gouvernement. «Mission impossible», titre dès le lendemain le quotidien francophone l'Orient-le Jour. L'oppo




