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Elections sous contrôle au Zimbabwe

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Le scrutin d'aujourd'hui est critiqué, même si les opposants à Mugabe mobilisent.

Publié le 31/03/2005 à 1h16

Harare envoyée spéciale

Robert Mugabe regarde d'un air las les gants blancs du serveur noir qui lui offre un jus d'orange, sur la petite tribune de Chivhu, où le président zimbabwéen vient faire campagne. En cette veille d'élections législatives, organisées aujourd'hui au Zimbabwe, difficile de se débarrasser de tous les symboles du passé colonialiste britannique honni. «A bas Bush, à bas Blair, nous ne serons jamais des valets de Tony Blair, nous ne nous mettrons jamais à genoux devant lui !» scande-t-il devant 4 000 personnes. La foule est peu nombreuse lorsqu'on sait que Chivhu est un fief de la Zanu-PF (Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique), le parti au pouvoir depuis l'indépendance de l'ex-Rhodésie britannique, en 1980.

Londres pour cible. Sous Tony Blair, les relations entre le Zimbabwe et le Royaume-Uni se sont considérablement dégradées : Mugabe accuse le royaume de soutenir l'opposition pour le renverser et «recoloniser» le pays. Londres est même devenu la principale cible du président zimbabwéen, qui a fait du scrutin «une élection anti-Blair». Le pouvoir de Harare ne lui pardonne pas les sanctions décrétées par l'Union européenne, à l'instigation du Royaume-Uni, depuis 2002, punissant la brutale redistribution des terres, au détriment des fermiers blancs, et les violations répétées des droits de l'homme.

Malgré les efforts du maître de cérémonie, le manque d'enthousiasme de la foule indique que tout le monde n'est pas là de son plein gré, ce dimanc

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