Londres de notre correspondante
Tony Blair est sorti seul de Downing Street pour mettre fin au secret le plus éventé de la vie politique britannique et annoncer aux journalistes la date des élections législatives : ce sera bien le 5 mai, comme prévu. Peu souriant, mais combatif, il a résumé, sans notes et habilement, en quelques minutes, ce qui sera la clé de cette élection, ce qu'il appelle le «grand choix» entre conservateurs et travaillistes. Mais le leader du New Labour, qui avait emporté la victoire en 1997 et en 2001, sait bien qu'une partie de cette bataille pour un troisième mandat du Labour ne se jouera pas seulement sur les sujets de fond, mais surtout sur son image personnelle.
Contre-vérités. La compétition sera plus difficile que prévue. Même s'ils sont d'une fiabilité relative et assez divergents entre eux, les instituts de sondage constatent tous une baisse du New Labour au profit des conservateurs et, marginalement, des libéraux démocrates. Son arrogance, ses certitudes, ses contre-vérités sur l'Irak, ses excès dans la manipulation de la communication, son engagement dans des défis internationaux, au détriment de la vie quotidienne et des soucis de la Middle-England, sont autant de reproches que lui adressent ses électeurs.
Pour s'assurer une majorité confortable, il lui faut changer de style. Le Premier ministre, aujourd'hui âgé de 51 ans, s'y essaie avec vigueur. Depuis plusieurs semaines, il vient défendre le projet travailliste sur des plateaux de télévision




