Montréal de notre correspondante
Dix mois après avoir remporté de justesse les élections fédérales et formé un gouvernement libéral (centre gauche) minoritaire, le Premier ministre canadien, Paul Martin, traverse une crise politique sans précédent.
Scénario inéluctable. Menacés par le dépôt imminent d'une motion de censure au Parlement, les libéraux pourraient être forcés de déclencher des élections générales dans les prochaines semaines un scénario que la majorité des observateurs politiques juge désormais inéluctable. Mercredi, le conservateur Stephen Harper (chef de l'opposition officielle) a annoncé qu'il allait demander à son parti, dès la reprise des travaux parlementaires la semaine prochaine, de «mettre un terme aux souffrances de ce gouvernement à la première occasion». Ce dernier, au plus bas dans les sondages, est englué depuis des mois dans une affaire politico-financière, le «scandale des commandites», dont il ne semble plus pouvoir sortir indemne.
Au lendemain du référendum de 1995, qui avait failli aboutir à la sécession du Québec, le gouvernement central d'Ottawa avait décidé de lancer dans la province la plus rebelle un programme de promotion du fédéralisme canadien. Or, sur les 150 millions d'euros dépensés en publicité jusqu'en 2002, 60 millions ont été détournés au profit d'agences de publicité proches du Parti libéral (PL). Après des mois de soupçons, une commission d'enquête indépendante, dirigée par le juge Gomery et mise en place par le Premier ministr




