Londres de notre correspondante
Tony Blair s'est retrouvé hier acculé, poussé dans le coin du ring. Dans la dernière ligne droite de sa campagne pour les législatives du 5 mai, le Premier ministre britannique a été obligé de faire ce qu'il a toujours refusé : rendre public l'avis donné par le conseiller juridique du gouvernement, l'attorney général lord Goldsmith, le 7 mars 2003, sur la légalité de la guerre en Irak.
Blair aurait pu faire le choix de vider l'abcès plus tôt, pour s'éviter la violence des charges de ses deux principaux opposants, le conservateur Michael Howard et le libéral-démocrate Charles Kennedy. Au lieu d'agir à froid, les travaillistes ont été mis au pied du mur : les conclusions de ce document, estampillé «secret», ont été divulguées mercredi soir, puis détaillées dans la plupart des journaux d'hier matin.
«Menteur». L'équipe travailliste a donc décidé de livrer le tout sur le site Web du 10 Downing Street. Dans un communiqué officiel, lord Goldsmith a maintenu que, selon lui, la guerre en Irak était légale. Mais la politique est rarement affaire d'exégèse de textes diplomatiques. Au début de la semaine, le parti conservateur a dévoilé une de ses dernières affiches de campagne, noire et rouge, qui met en scène un Blair déstabilisé et «menteur». Avec cette légende : «S'il était prêt à nous mentir pour nous conduire à la guerre, il est prêt à nous mentir pour gagner cette élection.»
Une équation essentielle de cette élection est la question de la confiance dé




