à Beyrouth
«Le retour de la patrie à la patrie», annoncent des centaines d'affiches placardées sur les murs de Beyrouth. Demain après-midi, le général Michel Aoun, en exil en France depuis quatorze ans, rentrera au Liban, quelques jours seulement après le départ des dernières troupes syriennes.
«Nous attendons ce moment depuis des années, se félicite Jihad, l'un de ses partisans, j'y croirai quand je le verrai.» A de multiples reprises déjà, l'ex-Premier ministre, à l'origine de la «guerre de libération nationale» lancée en 1989 contre les soldats de Damas, avait annoncé son intention de regagner le pays des Cèdres. A chaque fois il avait renoncé par peur d'être arrêté dès sa descente d'avion. La justice libanaise ayant ouvert à partir de 1990 trois dossiers contre lui pour «usurpation de pouvoir», «malversations financières» et activités politiques illégales. En 2003, il était également inculpé d'avoir «porté atteinte aux relations du Liban avec un pays ami», la Syrie, après son témoignage devant le Congrès américain mettant en cause le régime de Bachar al-Assad. Hier matin, la cour criminelle de Beyrouth a décidé de reporter ce dernier jugement et de geler le mandat d'arrêt par contumace contre le militaire, dernier obstacle à son retour. La veille, le juge d'instruction de la cour de justice avait abandonné les trois premiers chefs d'inculpation.
Aux yeux de ses partisans, ces dossiers étaient vides. «Il est le résistant de la première heure, soutient Raymond, un ancien sold




