Washington de notre correspondant
Dans un rapport rendu public ce matin, et que Libération a pu lire hier soir, la commission d'enquête sénatoriale américaine chargée de faire la lumière sur le scandale lié au programme de l'ONU «pétrole contre nourriture» affirme avancer «les preuves» que l'ancien ministre français de l'Intérieur Charles Pasqua et le parlementaire britannique George Galloway ont reçu de Saddam Hussein de juteux contrats pétroliers. Depuis que son nom a été mêlé au scandale, Pasqua a toujours démenti avoir jamais reçu le moindre «pot de pétrole» irakien, parlant d'accusations «ridicules». Il affirme ne pas être concerné par l'arrestation, le 26 avril, de son conseiller diplomatique Bernard Guillet, sur ordre du juge Philippe Courroye.
«La sous-commission a découvert des preuves que le régime Hussein a alloué 11 millions de barils de pétrole à Charles Pasqua. Parmi les preuves figurent des documents internes du ministère irakien du Pétrole», lit-on en page 8 du rapport. «Par ailleurs, plusieurs hauts responsables du régime Hussein, interrogés par cette sous-commission, ont confirmé que l'Irak a donné des allocations pétrolières, sous l'égide de "pétrole contre nourriture", à Charles Pasqua.»
Sans ambiguïté. Les dates des allocations sont précisées : 4 millions de barils au dernier semestre1999, 3 millions au premier semestre 2000, et 4 millions au second semestre 2000. Un des documents rendus publics par la commission est une note manuscrite du directeur du Somo




