En août 1990, fuyant l'envahisseur irakien au volant de leur voiture, les Koweïtiennes avaient déjà suscité la convoitise des Saoudiennes, interdites de conduite. Lundi, elles ont marqué un point de plus sur leurs voisines en obtenant le droit de voter et de se porter candidates. L'émirat devient ainsi la troisième monarchie du Golfe, après Bahreïn, Oman et Qatar, à accorder des droits politiques aux femmes.
Après une très longue résistance, les députés koweïtiens ont amendé la loi qui, depuis la fondation du pays en 1961, limitait aux seuls hommes la participation aux élections. Cette mesure, qui était réclamée par le gouvernement, reste limitée, compte tenu du peu de pouvoir réel du Parlement. Elle arrive aussi trop tard pour s'appliquer lors des municipales du 2 juin. Les Koweïtiennes devront attendre jusqu'aux législatives de 2007 avant de pouvoir glisser pour la première fois un bulletin dans l'urne.
Le texte voté lundi précise enfin qu'elles devront exercer ce droit en conformité avec «les normes dictées par la charia». Cette clause, rajoutée sous la pression des élus islamistes, inquiète les suffragettes et pourrait permettre d'interdire toute mixité dans les meetings de campagne et les bureaux de vote.
L'administration américaine s'est empressée de saluer ce «pas important» vers la démocratie, axe principal de sa politique au Moyen-Orient. L'amendement de la loi électorale intervient quelques semaines avant la visite à Washington du Premier ministre koweïtien, cheikh Mo




