Sociologue et militant égyptien des droits de l'homme, Saad Eddine Ibrahim dirige le centre Ibn Khaldoun d'études sociologiques et politiques, un forum réformateur et laïc. Le pouvoir, qui lui a reproché d'avoir «terni l'image de l'Egypte» et «reçu illégalement des fonds étrangers», l'a emprisonné pendant deux ans au total, entre 2000 et 2003. Il a été l'un des premiers à réclamer un amendement de la Constitution égyptienne rendant possible les candidatures multiples à la présidence. Adopté par l'Assemblée le 10 mai, ce texte très restrictif est soumis demain à référendum et doit entrer en vigueur pour la présidentielle de l'automne, lors de laquelle Hosni Moubarak devrait solliciter un cinquième mandat.
Que représente ce référendum ?
L'opposition appelle à son boycott. Nous allons donc surtout surveiller la participation. C'est quelque chose que le gouvernement n'aime pas. Nous ne faisons pas confiance aux autorités pour conduire des élections honnêtes. En 1995, mon centre a conduit la première opération de monitoring de l'histoire de l'Egypte. Le gouvernement était furieux et quand nous avons voulu recommencer cinq ans plus tard, il a fait arrêter 28 des nôtres, moi compris, à la veille du scrutin au motif que nous menions des activités hostiles. A la veille de ce référendum, le gouvernement vient d'annoncer qu'il s'attendait à un taux de participation de 80 %. C'est risible.
La réforme soumise au vote est-elle une véritable avancée démocratique ?
C'est une illusion. Ils cherc




