Washington de notre correspondant
Les beaux jours de la droite dure américaine sont-ils menacés ? Assiste-t-on au grand retour des républicains modérés ? Ou à leur dernier spasme, face au tout-puissant cercle des fidèles de Bush ? Depuis quelques jours, tout ce que les Etats-Unis comptent d'éditorialistes, analystes, politologues, débattent de la question. Pour les uns, les modérés redressent enfin la tête, sept mois après les élections de 2004, qui avaient regonflé à bloc les partisans de George W. Bush et assis leur pouvoir sur le Congrès. Pour d'autres, ces centristes ne font qu'afficher des victoires en papier et l'aile droitière du parti continue de tracer son sillon.
Compromis. Plusieurs épisodes, la semaine dernière, ont en tout cas témoigné de la bataille interne en cours. Au Sénat, où une grave crise couvait entre la majorité républicaine et la minorité démocrate sur la question des nominations de juges (1), un petit groupe de modérés, emmenés par John McCain, a passé un compromis avec les démocrates pour l'éviter. Un camouflet pour le leader de la majorité, Bill Frist, qui, lui, s'était résigné à aller à l'affrontement. A la Chambre des représentants, pendant ce temps, une large majorité d'élus ont voté une proposition de loi pour financer la recherche médicale utilisant des embryons humains : ils n'ont pas hésité à défier directement Bush, qui, au nom du droit à la vie, avait promis de mettre son veto sur un tel texte. Au Sénat toujours, c'est un républicain, John V




