Bucarest de notre correspondant
Pour la première fois, le président roumain a évoqué hier, prudemment mais longuement, les négociations menées avec les ravisseurs de ses trois compatriotes, libérés le 22 mai dernier. «Dès le début, nous avons travaillé sur trois niveaux : un canal officiel, un canal religieux et un canal privé», réservé à la famille, a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse. Selon lui, les preneurs d'otages avaient plusieurs revendications : soit le retrait des troupes roumaines stationnées en Irak, soit un échange des trois journalistes contre 20 militaires roumains, soit la libération de certains Irakiens détenus dans les prisons de Bagdad.
Alors qu'il a évoqué souvent le mot d'«échange», il s'est excusé de ne pas pouvoir fournir plus de détails : «Il n'y a pas que l'Etat roumain qui soit impliqué dans leur libération et je ne peux pas parler davantage.» Il a confirmé que l'enlèvement avait été préparé en Roumanie par l'homme d'affaires roumano-syrien Omar Hayssam, ainsi que par le guide des journalistes, l'américano-irakien Muhamad Munaf. Grâce à cette prise d'otages, Hayssam, qui avait des déboires avec la justice roumaine et n'avait plus le droit de quitter le pays, aurait pu se présenter en sauveur des journalistes en négociant leur libération. D'après le chef de l'Etat, Omar Hayssam et Muhamad Munaf ont perdu le contrôle de la situation très rapidement et les journalistes, ainsi que leur guide, se sont retrouvés entre les mains d'un groupe terror




