Menu
Libération

Pretoria écarte son vice-Président

Réservé aux abonnés

Le chef de l'Etat Thabo Mbeki a démis Jacob Zuma pour corruption.

Publié le 15/06/2005 à 2h36

Johannesburg de notre correspondante

Au pouvoir en Afrique du Sud depuis la fin de l'apartheid, en 1994, l'ANC affronte l'une de ses crises les plus graves. Hier, le chef de l'Etat, Thabo Mbeki, a «relevé de ses fonctions» son vice-Président Jacob Zuma, jusque-là pressenti pour lui succéder en 2009. Devant le Parlement réuni au Cap, il a expliqué avoir pris cette décision «dans l'intérêt de Jacob Zuma et de [leur] jeune démocratie». «J'accepte et je respecte sa décision», a déclaré Zuma peu après. Le chef historique de l'ANC, Nelson Mandela, a apporté son «plein soutien» à Thabo Mbeki.

Cette mise à l'écart fait suite à la condamnation, la semaine dernière, du conseiller financier de Jacob Zuma à quinze ans de prison ferme. Schabir Shaik a été reconnu coupable d'avoir versé près de 160 000 euros au numéro 2 du régime pour décrocher plusieurs contrats, ainsi que d'avoir négocié un pot-de-vin entre Zuma et le fabriquant d'armes Thint, filiale sud-africaine du groupe français Thomson CSF (devenu Thales), prévoyant un versement annuel au vice-président. Le juge a qualifié la relation entre Shaik et Zuma de «globalement corrompue».

«C'est une des décisions les plus courageuses prises par Thabo Mbeki, qui envoie un signal fort dans la lutte contre la corruption», estime William Gumede, auteur d'un livre critique sur le président sud-africain. Jacob Zuma est en effet très populaire au sein de l'ANC, ainsi qu'auprès de la puissante centrale syndicale Cosatu, qui apprécie sa souplesse et

Dans la même rubrique