Buenos Aires de notre correspondant
Tous les militaires argentins, quel que soit leur grade, responsables d'actes de torture, d'enlèvement ou d'assassinat pendant la dictature (1976-1983) ont du souci à se faire. En déclarant inconstitutionnelle les deux lois dites du «pardon» qui les protégeaient jusqu'alors des poursuites judiciaires, la cour suprême argentine ouvre de nouveau la voie au procès de plusieurs centaines de militaires, selon le gouvernement, entre 1 000 et 1 500 selon les organisations humanitaires, dont 10 % toujours en exercice, qui ont provoqué la mort ou la disparition de 30 000 opposants.
Atrocités.Ces lois du pardon votées lors du retour à la démocratie, sous la présidence de Raul Alfonsin, ont assuré pendant près de vingt ans l'impunité des militaires ayant commis des atrocités pendant la dictature. La première dite du «point final» a été adoptée en décembre 1986. A l'époque, elle accordait un dernier délai de trente jours pour que les plaintes concernant les atteintes aux droits de l'homme commises par des membres de l'armée soient prises en compte par la justice. Dans ce laps de temps, près de 500 militaires ont été mis en examen, ce qui a provoqué un soulèvement dans les casernes de Buenos Aires. Sous la pression, le parlement a voté, en juin 1987, une deuxième loi dite du «devoir d'obéissance» qui absout la plupart des officiers subalternes de leurs crimes, sauf ceux qui sont accusés d'enlèvements d'enfants.
Avec cette décision de la cour suprême, les




