Maoz Yam (Gouch Katif) envoyé spécial
Eric de Marseille est un gardien bonhomme mais ferme : on n'entre pas à «Maoz Yam» (la Forteresse de la mer). Surtout pas la presse. Dans la cour de l'ancien Palm Beach ainsi rebaptisé, unique hôtel de Gouch Katif, un jardinier taille des parterres de fleurs. Les bâtiments, longtemps désertés à cause de l'Intifada, hormis par quelques adeptes de la fumette et du surf, reprennent vie depuis quelques semaines. Désormais, certaines des 114 chambres abritent quelques dizaines de membres de la «jeunesse des collines», venus de Cisjordanie pour soutenir la population locale à la veille de son évacuation.
La nouvelle Forteresse n'entend pas démentir sa farouche détermination. Il y a une semaine, sur la plage voisine, des Palestiniens ont été frappés à coups de pierre et quatre d'entre eux blessés par des tirs de nouveaux occupants. Itamar ben Guévir, militant d'extrême droite célèbre pour ses infatigables provocations, l'affirme : «Nous sommes là pour toujours.» Pas sûr... Les suspects de l'agression seront interrogés, malgré une tentative avortée de la police de pénétrer sur le site par la force, en fin de semaine dernière. En attendant des mesures plus fermes contre les occupants des lieux, des soldats sont postés en permanence à l'entrée.
Rugueux. Pour l'heure, donc, on n'entre pas. Mais Elichéva Guinzbourg, «responsable du jardinage», accepte de parler à l'extérieur. Elle est là depuis trois semaines, après avoir quitté Gouch Etsion, bloc de c




