Leeds envoyée spéciale
Sur Tempest Road, il y a un coiffeur, juste à côté d'une petite épicerie. Puis un petit magasin qui vend câbles, phares, peinture, tout pour le bon automobiliste. Le patron est saisi, de stupeur, d'incompréhension de «tristesse». Il est pakistanais, musulman, de la «vieille génération». Shehzad Tanweer venait régulièrement dans son magasin «pour acheter des câbles, ou du polish» pour entretenir la Mercedes de son père. «Il était gentil, il aimait son pays, sa famille est respectée, il était allé à l'université, il aimait les gens. Et puis il jouait tout le temps au cricket. Il a forcément été manipulé.» Né de parents pakistanais, il est l'un des quatre Britanniques suspectés d'être morts en kamikazes dans les attentats de Londres. Né en décembre 1982, pratiquant, fréquentant l'une des mosquées de la colline de Beeston, un quartier-caricature de cette Angleterre de maisons de briques, pauvre, où Blancs, Antillais, Africains, Pakistanais, Bangladais coexistent, deux soeurs, un frère, Shehzad est mort à Londres le 7 juillet. Il a débarqué du train depuis Luton avec ses trois associés en terrorisme à King's Cross et a pris la Circle line. Entre Liverpool Street et Aldgate, il a fait exploser sa bombe.
Sur Tempest Road, un peu plus loin, le South Leeds Fischeries a ouvert ses portes normalement. Deux cuistots s'affairent pour servir les fish and chips. Shehzad avait fait des études, mais il aidait à faire tourner le petit fast-food de son père. Dot, une Angla




