Washington de notre correspondant
Après quelques homériques batailles sur l'abstinence dans les écoles, le mariage homosexuel, l'euthanasie, les symboles religieux dans les lieux publics, ou l'allusion à Dieu dans le serment d'allégeance (au pays) que doivent réciter les écoliers, les Américains s'empoignent aujourd'hui sur l'enseignement du darwinisme dans le secondaire. Les scientifiques et une grande partie des médias ont beau pousser des soupirs d'exaspération, rien n'y fait.
Créationnisme. Le débat a pris de telles proportions que George W. Bush lui-même a cru nécessaire d'y plonger. Au début du mois, le Président a affirmé qu'il lui semblait que «la présentation des différentes écoles de pensée fait partie de l'éducation». Affirmation qui est allée droit au coeur des tenants du créationnisme, ou plutôt de sa version relookée, le «dessein intelligent» (Intelligent Design, ID). Même des centristes, comme le sénateur (républicain) John MacCain, qui songe à se présenter à la succession de Bush, ont cédé à la pression des chrétiens fondamentalistes. Mardi, lui aussi a souhaité que «tous les points de vue» sur les origines de la vie soient enseignés dans les classes de biologie.
Certes, le débat n'est pas nouveau. En 1925, l'Amérique s'était passionnée pour l'affaire du «procès du singe». Un jeune professeur de sciences naturelles, John T. Scopes, avait bravé la loi du Tennessee, qui interdisait l'enseignement des lois de l'évolution darwinienne. Il avait été condamné à une ame




