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Libération

Bush veut un «raz de marée de compassion»

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Abondamment critiqué, le président américain s'est à nouveau rendu à Baton Rouge hier.

Publié le 06/09/2005 à 3h33

La Nouvelle-Orléans, Baton Rouge envoyé spécial

La crise humanitaire déclenchée par l'ouragan a désormais gagné Washington, où l'on parle déjà de «Katrinagate». Pour ne pas avoir réagi à temps, George W. Bush, qui est revenu hier en Louisiane, est englouti sous les critiques (lire page suivante). Après un semi-mea culpa vendredi ­ «la réponse a été insuffisante» ­, le Président cherche aujourd'hui à reporter la responsabilité du fiasco sur les autorités louisianaises. Cette querelle n'a fait qu'attiser les reproches.

Personne ne doute que Michael Brown, directeur de la Fema (l'administration chargée des désastres),sera le premier fusible à sauter. On lui reproche particulièrement d'avoir déclaré que les autorités n'avaient découvert «que jeudi» l'existence des 20 000 réfugiés du Convention Center de La Nouvelle-Orléans. Les autorités fédérales se reprochent ouvertement d'avoir laissé agir les «locaux», qui se sont révélés trop faibles pour affronter un tel désastre. Les locaux considèrent pour leur part que la Fema, c'est-à-dire Washington, n'a fait au départ aucun effort pour acheminer des hélicoptères et des troupes. Aaron Broussard, président d'un des quartiers de La Nouvelle-Orléans, affirme que la Fema a même décidé de bloquer un convoi de trois camions chargés de bouteilles d'eau envoyé par la chaîne de supermarchés Wal-Mart.

George W. Bush est très exposé dans cette polémique. Après le 11 septembre, il avait créé en fanfare le grand département de la Sécurité intérieure

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