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Bush lâche son faucon sur l'Organisation

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Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU sape le projet de réforme.

Publié le 08/09/2005 à 3h35

Washington de notre correspondant

A peine nommé ambassadeur à l'ONU ­ sans l'aval du Sénat américain, qui a été contourné par George W. Bush ­, le faucon John Bolton a pris son plus beau crayon rouge pour raturer le projet du document que les Etats membres comptent adopter lors de leur prochaine conférence au sommet, du 14 au 16 septembre. Ce document redessine largement les contours de l'ONU, cherche à lui redonner une légitimité ­ après son incapacité à empêcher la guerre en Irak ­, réforme le fonctionnement de sa direction et réoriente son travail pour lutter contre la pauvreté.

Consternation. Fin août, Bolton a pris le document et a barré tout ce qui lui déplaisait. A la moulinette, les efforts pour accroître le travail multilatéral ; à la poubelle, les références au plan dit du Millénaire pour lutter contre la pauvreté ; aux oubliettes, l'objectif d'atteindre une aide au développement de 0,7 % du PIB dans tous les pays riches. Bolton a repris entièrement le texte du secrétaire général, Kofi Annan. Proche des néoconservateurs, il a toujours eu l'ONU en horreur. Pour lui, a-t-il déclaré un jour, si les rapports de force internationaux étaient correctement représentés au Conseil de sécurité, «il n'y aurait qu'un seul pays membre» : les Etats-Unis. Au total, il a demandé 750 changements dans un texte de 36 pages. Les délégués à l'ONU ont été consternés : si ces changements étaient approuvés, le plan serait en lambeaux.

Des négociations se sont donc engagées. Jusque-là, les aut

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