Washington de notre correspondant
«Ni le Conseil de sécurité ni la direction du secrétariat n'étaient clairement aux commandes.» Cette phrase tranchante résume le quatrième rapport de la commission Volcker sur le scandale du programme «pétrole contre nourriture», présenté hier devant le Conseil de sécurité de l'ONU par Paul Volcker, ancien président de la Banque centrale américaine.
Réforme. Sans mettre en doute l'intégrité du secrétaire général Kofi Annan, la commission dénonce sévèrement, dans ce rapport de 860 pages, son incapacité à contrôler le programme, qui a donné lieu à une corruption massive. Elle appelle à une «large réforme administrative» pour éviter que ne se reproduise une telle affaire, et pour que l'ONU retrouve une crédibilité suffisante pour répondre aux défis du XXIe siècle. «L'organisation a besoin d'une direction plus forte, d'une réforme administrative complète et de procédures plus fiables d'audit et de contrôle», conclut la commission. Elle ne remet pas en cause l'ensemble du programme «pétrole contre nourriture», puisqu'elle évoque un «important succès».
Ce programme avait été mis en place en 1996 pour alléger les peines du peuple irakien, éprouvé par des années d'embargo. Le Conseil de sécurité de l'ONU autorisait l'Irak à vendre des quantités limitées de pétrole, pour importer de la nourriture ou des médicaments. Mais faute d'un contrôle suffisant, le système a donné lieu à diverses entorses et détournements de fonds. Plusieurs personnalités ont été




