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Libération

Ouzbékistan : le bâillon après la répression

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Journalistes étrangers refoulés et médias censurés après le massacre d¹Andijan en mai.

Publié le 08/09/2005 à 3h35

Moscou de notre correspondante

«Il n'y a pas encore de réponse de Tachkent pour votre visa», «Je ne sais pas pourquoi cela prend tellement de temps», «On vous prévient dès qu'on aura une réponse»... Virtuoses de la langue de bois, les diplomates ouzbeks continuent à prétendre que le pays d'Islam Karimov, au pouvoir depuis 1991, est «ouvert» aux journalistes. De facto, depuis le massacre d'Andijan en mai, au cours duquel l'armée a ouvert le feu sur la foule et fait au moins 187 morts (chiffre officiel), pratiquement pas un seul journaliste occidental n'a pu se rendre librement dans ce pays et enquêter sur ce qui s'est passé dans cette ville de la vallée de Ferghana.

Pays de carte postale. «La pression sur nous est très forte, soupire un journaliste ouzbek, qui travaille pour un média occidental à Tachkent mais n'ose plus donner son nom. Nous avons reçu des menaces... et on ne sait pas combien de gens ont été arrêtés au total dans tout le pays depuis Andijan.» Fin août encore, un journaliste du service ouzbek de Radio Liberty, Nossir Zakirov, a été condamné à six mois de prison pour «outrage à agent des services spéciaux». «Les journalistes étrangers indépendants sont interdits de visa et les locaux pris en étau, résume un observateur local. Résultat, l'Ouzbékistan est comme un trou noir où on ne sait plus vraiment ce qui se passe.»

Les sites Internet critiques, comme ceux de la BBC en ouzbek ou de l'agence russe ferghana.ru, sont souvent inaccessibles depuis Tachkent, indique un

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